Manou Gallo
Bassiste et percussionniste originaire de Côte d'Ivoire, elle est venue en Europe à l'origine pour jouer avec Zap Mama. Sa carrière solo a débuté avec l'album Dida (2005). Elle a également fait l'objet d'un documentaire musical, « Femme de rythme » (2007), et son troisième album, Lowlin, est sorti en Europe début 2010. Elle a reçu le prix MTV Africa de la « Meilleure artiste de Côte d'Ivoire 2009 ».
Divo. Une petite ville de la région Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire, berceau des racines du peuple Djiboi. C’est là que Manou Gallo est née le 31 août 1972. Élevée par sa grand-mère qui s’occupait d’elle comme de sa propre fille, Manou a été assez autonome dès son plus jeune âge : « À cette époque, je vivais un peu comme une petite sauvage. J’aidais à cultiver les champs, à puiser l’eau au puits. Je n’allais pas à l’école, mais ma grand-mère m’a enseigné les traditions, le respect et les valeurs ».
On imagine facilement Manou, vêtue d’un minuscule short – c’était tout ce qu’elle possédait –, ses grands yeux souriants, la tête pleine de poux, grimpant aux manguiers et courant librement dans les ruelles de Divo. En attendant ses amis après l’école, Manou battait déjà la mesure, tapant sur ses jambes, frappant du pied, marquant le tempo de sa voix : le rythme était son obsession : « Quand j’étais petite, j’allais déjà de cour en cour, ces endroits où chaque famille se retrouve tous les jours pour cuisiner, chanter, en un mot pour vivre ensemble. Je retrouvais mes copines et tôt ou tard, on finissait inévitablement par chanter, danser et taper sur des boîtes en fer ». En Côte d’Ivoire, faire de la musique est une tradition vivante qui se pratique lors des funérailles, des naissances ou pour accueillir des jumeaux, ainsi que pour tout événement de la vie quotidienne : à Divo, la vie suit les rythmes traditionnels djibois. D’un point de vue matériel, la vie est très simple, mais elle est pleine de chaleur et les gens y vivent en se sentant bien dans leur tête.